Ceci est une version archivée de TraceFormationLouis à 2020-04-15 19:15:53

Page en construction


Vivre une journée avec Louis Espinassous, c'est arrêter le temps, le remonter et retrouver l'enfant au fond de soi.
Lors de deux journées de formation, au CRIE du Fourneau-Saint-Michel et à l'étang de Virelles, Louis a fait revivre l'enfant intérieur en nous, au gré de ses contes et historiettes, de ses petites manipulations du bord du chemin et des activités qu'il nous a proposé de vivre.
Retrouvez ci-après l'ensemble de ce vécu.

Contes et poèmes


Juste avant de croquer une pomme (entièrement, mouche et trognon compris)

Pomme à conter (ou le pommier de la Reine Jeanne)

Dans le château de la Reine Jeanne, un grand jardin il y avait. Dans le jardin de la Reine Jeanne, un grand pommier il y avait. C’était le père de mon grand-père qui ramassait dans son grand sac toutes les pommes du grand pommier.
  • Pomme à croquer, conte à conter
  • Pomme dorée, histoire vraie
  • Et pomme rousse, pour histoire douce
Hier c’était mon défunt père qui ramassait dans son grand sac toutes les pommes du grand pommier.
  • Pomme à croquer, conte à conter
  • Pomme dorée, histoire vraie
  • Et pomme rousse, pour histoire douce
Et à mon tour m’en suis allé sous le pommier de la Reine Jeanne. J’ai ramassé dans mon grand sac toutes les pommes du grand pommier.
  • Pomme à croquer, conte à conter
  • Pomme dorée, histoire vraie
  • Et pomme rousse, pour histoire douce
Grand sac ouvert, pommes par terre. En voici une, en voici deux, c’est celle-là que je cherchais, c’est celui-là que je cherchais…

Par Louis Espinassous :


La minute informative : quelques châteaux dits « de la Reine Jeanne »

Château du Malvan
Situé en Vence, les premiers écrits mentionnant son existence dateraient du XIe siècle.
Une légende rôde autour du château du Malvan, appelé aussi "Château de la reine Jeanne" (il s’agit ici de Jeanne 1ère de Naples), bien qu'il soit peu probable que cette dernière y soit un jour passée.
On raconte que, suite à l'assassinat de son époux André de Hongrie, la reine dut s'enfuir. Elle se serait réfugiée dans le château des Malvans pour y abriter, un soir de Noël, ses amours avec son page Aubépin. Mais celui-ci sera assassiné d'un coup de poignard dans le dos et mourra dans les bras de la reine. Dix ans plus tard, la reine reviendra au château et découvrira, à l'endroit de la mort d'Aubépin, un superbe buisson d'aubépine.
(source : http://terres-d-aqui.overblog.com/)

image chateau_du_malvan.jpg (0.2MB)
(source photo : sentiers.village.free.fr/sortie38)

Château de Roquemartine
Cette bâtisse actuellement en ruine est situé sur la commune d'Eyguières (Bouches-du-Rhône) au lieu de Roquemartine. Il est appelé « castellas de Roquemartine » ou « château de la Reine Jeanne » et appartenait à la famille d'Albe ou d'Aube. Il date des XIIe et XIIIe siècles et se dresse au sommet de hautes falaises dénudées dont les pentes herbeuses sont fréquentées par des troupeaux de moutons.
(source : wikipédia)

image chateau_de_roquemartine.jpg (37.6kB)
(source photo : www.elan-lambescain.fr)

Château de Guillaumes
La commune de Guillaumes, dans les Alpes-Maritimes, a également son château de la Reine Jeanne. Mais il s’agit ici de Jeanne de Laval, épouse du roi René 1er d’Anjou. Ce château, reconstruit au XIIIe siècle, aurait été remanié par le Roi en 1450, à des fins de protection de la cité environnante. La Reine n’y aurait cependant pas séjourné.
(source : montnice.fr/cartographie/fr/vestiges-du-chateau-reine-jeanne-guillaumes)

image chateau_de_guillaumes.png (1.0MB)
(source photo : www.guillaumes.fr/le-chateau-de-guillaumes)

En passant près d’un houx, puis en faisant un moulin avec une de ses feuilles
(voir "petites manipulations" plus bas sur cette page)

J'aime l'âne si doux

J'aime l'âne si doux
marchant le long des houx.
Il a peur des abeilles
et bouge ses oreilles.
Il va près des fossés
d'un petit pas cassé.
Il réfléchit toujours
ses yeux sont de velours.
Il reste à l'étable
fatigué, misérable.
Il a tant travaillé
que ça vous fait pitié.
L'âne n'a pas eu d'orge
car le maître est trop pauvre.
Il a sucé la corde
puis a dormi dans l'ombre.
Il est l'âne si doux
marchant le long des houx…

(Francis Jammes)
Né à Tournay (Hautes-Pyrénées) le 2 décembre 1868 et mort à Hasparren (Basses-Pyrénées, aujourd'hui Pyrénées-Atlantiques) le 1er novembre 1938, Francis Jammes est un poète, romancier, dramaturge et critique français. Il passa la majeure partie de son existence dans le Béarn et le Pays basque, principales sources de son inspiration.
(source : wikipédia)

image Francis_Jammes_en_1917.jpg (13.6kB)
Francis Jammes en 1917

Voici le texte complet de son poème. J'aime l'âne si doux (Francis Jammes)

J'aime l'âne si doux
marchant le long des houx.
Il prend garde aux abeilles
et bouge ses oreilles ;
et il porte les pauvres
et des sacs remplis d’orge.
Il va, près des fossés,
d'un petit pas cassé.
Mon amie le croit bête
Parce qu’il est poète.
Il réfléchit toujours.
Ses yeux sont de velours.
Jeune fille au doux cœur,
Tu n’as pas sa douceur :
Car il est devant Dieu
L’âne doux du ciel bleu.
Et il reste à l'étable,
fatigué, misérable,
Ayant bien fatigué
Ses pauvres petits pieds.
Il a fait son devoir
Du matin jusqu’au soir.
Qu’as-tu fait jeune fille ?
Tu as tiré l’aiguille…
Mais l’âne s’est blessé :
La mouche l’a piqué.
Il a tant travaillé
que ça vous fait pitié.
Qu’as-tu mangé petite ?
- T’as mangé des cerises.
L'âne n'a pas eu d'orge
car le maître est trop pauvre.
Il a sucé la corde,
puis a dormi dans l'ombre.
La corde de ton cœur
N’a pas cette douceur.
Il est l'âne si doux
marchant le long des houx.
J’ai le cœur ulcéré :
ce mot-là te plairait.
Dis-moi donc, ma chérie,
Si je pleure ou je ris ?
Va trouver le vieil âne,
Et dis-lui que mon âme
Est sur les grands chemins,
Comme lui le matin.
Demande-lui, chérie,
Si je pleure ou je ris ?
Je doute qu’il réponde :
Il marchera dans l’ombre,
Crevé par la douceur,
Sur le chemin en fleurs.


Et une interprétation d’Audrey Gambassi. Adaptation et musique de Lionel Mazari.


La minute informative : le houx
Houx = bois des prestations, c’est-à-dire paiement du travail de cassage de cailloux sur les routes :
  • marteau des prestations avec manche en houx car bois souple,
  • quand on cassait les cailloux, on mettait un sac de farine sous les genoux pour ne pas avoir mal.
Houx = bois des chaudronniers :
  • manche des marteaux en houx, qui amortit les chocs et évite de casser les plantes des tonneaux.
Houx = bois du bouvier :
  • pic du bouvier en bois de houx car ne perce pas la peau du bœuf.
C’est un bois avec une bonne résilience (c'est-à-dire capacité de se plier et se redresser).


Devant un églantier (en observant que les pousses d’églantier retombent toujours vers le sol).

L’églantier et le souffle divin

Avant, le Diable habitait sur Terre et n’avait qu’une idée, aller foutre le boxon au Paradis. Un jour en se promenant, il passe devant un églantier. A cette époque, ceux-ci poussaient tout droit.
Il se dit : « mais ça, c’est comme sur les bateaux, comme sur les trois-mâts. Ça ferait une échelle de perroquet géniale pour monter foutre la pagaille au paradis ! »
Il fout trois coups d’engrais de diable et l’églantier grandit jusqu’en haut. Et le Diable commence à monter.
Il y avait le Bon Dieu, le Jésus, le Saint Pierre, qui étaient en train de prendre le frais sur le canapé ; Saint Pierre sort sur le balcon et il voit la plante grimper, et derrière le Diable qui monte. Il va retrouver le Jésus, le Bon Dieu : « le Diable arrive ».
Le Jésus, ou le Bon Dieu, ou le Saint Esprit (je ne sais pas, j’y étais pas), sans se tracasser, va tranquillement au balcon. Et vous savez : le Souffle Divin, c’est quelque chose le Souffle Divin… Il a simplement soufflé doucement sur l’extrémité de l’églantier qui n’a pas su résister et s’est courbé jusqu’à revenir toucher le sol. Et le Diable s’est retrouvé culbuté à terre, sans savoir remonter.
Depuis, l’églantier a des tiges qui poussent d’abord droit vers le ciel puis qui courbent et se penchent vers le sol. Et les épines également, ne poussent pas toutes droites comme celles des ronces mais rebiquent toujours vers le bas.

Par Louis Espinassous :


Les 3 sœurs et le crapaud

C’était trois sœurs, l’aînée, la moyenne, la cadette, toutes belles, toutes mignonnes. Elles sont toutes les trois sur le chemin qui passe juste en-dessous du château du prince. L'aînée se prend à rêver : « ah le prince ! Si j’épousais le prince, j’aurais du pouvoir, des domestiques, des soldats pour me protéger, … Ah si je pouvais épouser le prince ! ». La deuxième : « ah le prince ! Si j’épousais le prince, j’aurais la richesse, j’aurais des terres, j’aurais le château lui-même … Ah si je pouvais épouser le prince ! ». Et la cadette : « ah le prince ! Si j’épousais le prince, je serais princesse. On serait amoureux et on aurait des enfants. Ce serait merveilleux. On serait heureux. Ah si je pouvais épouser le prince ! ». A ce moment apparaît sur le chemin un gros crapaud, pustuleux et baveux qui les aborde : « bll bll bll, je suis le prince. Une méchante fée m’a jeté un sort et transformé en crapaud. Mais il suffirait qu’une de vous m’embrasse et je redeviendrai un prince. » L’aînée, dégoutée : « Baaaah, avec une peau comme ça… même pour tout le pouvoir du monde, pas question » et elle s’en va. La deuxième : « Baaaaah, tout baveux comme ça… même pour toutes les richesses du monde, pas question » et elle quitte le lieu. La dernière regarde le crapaud, un peu hésitante, puis le prend dans ses bras et l’embrasse. Et le crapaud s’encourt en rigolant : « c’était une blague, c’était une blague ! »

Par Louis Espinassous :



Devant une grosse loupe d’arbre (mieux encore plusieurs loupes).

Djenkoumaya et Babamaya

Djenkoumaya était pauvre, mais futé.
Ce jour-là, il a eu très envie de se faire un petit rôti de lapin. Il avait constaté que les lapins adoraient les myrtilles. Il s’est alors couché au milieu des myrtilles et s’en est mis dans le nez et tout autour de lui. Puis il a attendu. Les petits lapins, sentant les myrtilles sont arrivés : « Mais c’est Djenkoumaya, mais c’est le pauvre Djenkoumaya qui est étendu… Peut-être qu’il est mort ? On va le ramener à sa femme ». Il est lourd Djenkoumaya, alors ils se sont mis à plusieurs et ils ont tiré… tiré jusqu’à la maison de Djenkoumaya. Ils sont arrivés à la porte de sa maison, ils l’ont ouverte, ils ont rentré Djenkoumaya et là, Djenkoumaya s’est réveillé… Hop il a fermé la porte, capturant ainsi tous les petits lapins. Et il a fait la cuisine… et ça sentait bon…
Il y a Babamaya, le riche, qui passe à ce moment près de la maison et s’exclame « Mais Djenkoumaya, quelle bonne odeur ! » « Et bien viens, entre. J’ai tellement de lapin, je peux t’en offrir. » « Oui, répond Babamaya, mais moi ce qui m’intéresserait c’est d’avoir tous ces lapins. » « Ah ben c’est très simple. Tu vas dans la forêt, tu te couches, tu te mets des myrtilles dans le nez et des myrtilles tout autour et t’inquiète pas… Les lapins vont arriver et se dire Pauvre Babamaya, on va le ramener chez lui. Et puis tu fermeras la porte et tu auras plein de petits lapins à croquer. »
Babamaya est parti, s’est étendu dans la forêt, s’est mis des myrtilles partout et les petits lapins sont arrivés : « Oh, mais c’est Babamaya ! Oui, mais peut-être qu’il nous fait le même coup que Djenkoumaya ? Peut-être qu’il n’est pas mort ? » Alors les petits lapins ont commencé à sauter sur Babamaya, et à faire des petites crottes dessus. Et quand Babamaya a ouvert les yeux, il était recouvert de petites crottes, mais plus un seul lapin. Il est furieux : « Ah mais Djenkoumaya, il ne va pas m’avoir comme ça ! »
Un autre jour, Djenkoumaya est monté dans un arbre et a mis de la résine sur les branches puis les a garnies de petites baies. Il est redescendu et a attendu. Des coqs de bruyère se sont posés pour manger les baies et sont restés collés. Djenkoumaya est monté les chercher, les a cuisinés et ça sentait drôlement bon. Babamaya passe par là et dit « quelle bonne odeur, comme as-tu fait pour les capturer ? ». Djenkoumaya lui explique tout : « J’ai mis de la résine sur les branches, je suis monté dans l’arbre… » Babamaya se dit : « Ce qui m’intéresse, c’est d’avoir des coqs de bruyère pour moi. » Et là, il emmène sa femme et son chien en forêt et ils mettent de la résine sur les arbres puis y sont montés… Ils sont restés collés ! Depuis ce jour, parfois, on peut voir Babamaya, puis sa femme et son chien collés sur le tronc des arbres.

Par Louis Espinassous :



La minute informative : une loupe sur un arbre
Il s’agit d’une malformation suite à une « attaque » par un champignon ou un insecte (selon l’essence d’arbre concernée). Celui-ci agit comme un virus informatique. Il atteint « l’ordinateur central » de l’arbre où il induit un fonctionnement archaïque. Le cambium de l’arbre (c'est-à-dire la couche de cellules à partir de laquelle se forme le bois) prolifère de façon anormale et produit des fibres enchevêtrées. De là apparaissent les loupes. Elles ont un intérêt en ébénisterie, pour la marqueterie ou le placage par exemple car l’enchevêtrement des fibres donne des dessins originaux et fort jolis dans le bois. Les galles résultent du même phénomène.

image tree950679_1920s.jpg (83.3kB)


Près d’un grand et vénérable chêne.

P’tit Bounoum Trinquet

Il s’appelait P’tit Bounoum Trinquet. Il vivait dans le Poitou, tranquille. Il avait une P’tite Bounfemme qui n’était pas marrante. Un jour, elle lui dit : « P’tit Bounoum, on n’a rien à manger. Je ne veux pas te revoir ici avant que tu aies à boire et à manger. P’tit Bounoum était brave et il est parti sur le chemin, mais il ne trouvait rien. Il a même croisé une auberge, mais comme il n’avait pas de quoi payer, il a continué sa route. Toute la journée… Au milieu du chemin, il a aperçu un gland.
« Qu’est-ce que tu fais là toi ? Tu vas te faire écraser », et il le prend dans sa poche.
Le soir, il arrive sur une jolie colline et il s’y installe pour dormir. Il sent le gland dans sa poche et le sort : « Dis donc, t’as peut-être envie de dormir toi aussi… » Et il lui creuse un petit trou dans la terre, l’y installe et le recouvre de terre.
P’tit Bounoum a dormi comme un bébé. Il s’est réveillé tard. Il aurait dû se réveiller tôt, avec le soleil, mais il s’est réveillé tard parce que… il était à l’ombre.
En levant les yeux, il découvre un gigantesque chêne juste à l’endroit où il avait installé le gland.
« Hé ben dis-donc ! T’as pas perdu de temps pendant la nuit toi ! » Le petit gland était devenu un grand chêne, avec de belles branches là, là et là… P’tit Bounoum se dit, : « peut-être que là-haut il y a à boire et à manger ? ». Alors il a monté pendant 7 jours et 7 nuits. Plus il montait, plus l’arbre grandissait. Quand il était fatigué, il s’asseyait sur une branche et il suçait son poing pour manger. Quand il est arrivé au sommet, il ne lui restait qu’un petit saut à faire et il était au Paradis.
Le Grand Saint Pierre lui dit : « qu’est-ce que tu fous là P’tit Bounoum, t’es pas mort ! »
« Ben non j’suis pas mort, mais je cherche à boire et à manger »
« Oh P’tit Bounoum, t’es bien brave mais t’es bien bête. Ecoute, je vais te faire un cadeau, mais attention, c’est un secret à ne répéter à personne ».
P’tit Bounoum jure le silence. Alors Saint Pierre sort de sous ses jupes une petite serviette et lui explique : « quand tu étendras la serviette sur la table, tu diras Nappe Couvre-toi et tu auras tout ce que tu voudras à boire et à manger. Mais c’est un secret, ne le répète pas. Maintenant va-t-en, et je ne veux pas te revoir ici avant que tu sois mort. »
P’tit Bounoum le remercie et descend de l’arbre. Quand il a eu faim, il s’est arrêté sur une branche, a dit : « Nappe Couvre-toi », et il a eu tout ce qu’il voulait à manger.
La nuit arrive comme il approche de l’auberge. P’tit Bounoum entre et l’aubergiste l’interroge : « Qu’est-ce que tu fais là P’tit Bounoum, t’as des sous pour payer ? »
« Ah non, j’ai pas de sous, mais j’ai un secret. Un secret qu’il faut que tu ne répètes à personne. »
« Ah bon ? Mais vas-y dis-moi ! »
Et P’tit Bounoum montre et explique la serviette à l’aubergiste.
« P’tit Bounoum, tu as bien mérité de manger et boire ici, et même dormir si tu veux. »
Et P’tit Bounoum a dormi comme un bébé. Mais pendant qu’il dormait, l’aubergiste a remplacé la petite serviette par une autre en tous points pareils. Le lendemain, P’tit Bounoum est reparti et rentré chez lui. P’tite Bounfemme l’accueille : « Tu as à boire et à manger ? »
« Ah non, mais j’ai mieux, regarde ! » Et il sort la petite serviette et prononce la formule. Rien ne se passe… Oh, il a pris une rapetassée… et P’tite Bounfemme l’a remis dehors en criant : « P’tit Bounoum, j’veux pas te revoir ici avant que tu aies à boire et à manger ».
Il était brave P’tit Bounoum, il est reparti sur le chemin. Il est passé sans s’arrêter devant l’auberge, il n’avait pas de sous pour payer. Il a retrouvé son chêne et il a grimpé pendant 7 jours et 7 nuits. Quand il était fatigué, il s’asseyait sur une branche et suçait son poing pour manger. Quand il est arrivé au Paradis, Saint Pierre se fâche « : » Qu’est-ce que tu fous ici P’tit Bounoum, t’es pas mort ! »
« Non, mais ta serviette c’était une arnaque, elle n’a marché que deux fois. »
« Oh P’tit Bounoum, t’es bien brave mais t’es bien bête. Je vais te faire un autre cadeau, mais c’est un secret. »
Il est parti dans son écurie, est revenu avec un âne et a dit « cet âne s’appelle Kakalouwissdor (Chie des louis d’or). Quand tu voudras des sous, tu mettras une petite serviette derrière lui, et tu diras Ase Ou Kakalouwissdor, et tu auras des sous. »
Comment P’tit Bounoum est-il descendu de l’arbre avec l’âne, personne ne sait, mais ils sont arrivés en bas et ont rejoint l’auberge. En le voyant entrer l’aubergiste s’écrie : « Qu’est-ce que tu fais là P’tit Bounoum, t’as des sous pour payer ? »
« Ah oui, j’ai des sous, mais j’ai mieux, j’ai un secret. Un secret qu’il faut que tu ne répètes à personne. »
« Ah bon ? Mais vas-y dis-moi ! »
Et P’tit Bounoum installe l’âne au centre de la pièce, pose une serviette propre derrière lui et prononce « Ase Ou Kakalouwissdor ». Et l’âne défèque un monceau de pièces d’or.
« P’tit Bounoum, tu as bien mérité de manger et boire ici, et même dormir si tu veux. Va installer ton âne à l’écurie, je prépare une chambre. »
Et P’tit Bounoum a dormi comme un bébé. Mais pendant qu’il dormait, l’aubergiste a remplacé l’âne par un autre en tous points pareils. Le lendemain, P’tit Bounoum est reparti et rentré chez lui. P’tite Bounfemme l’accueille : « Tu as à boire et à manger ? »
« Ah non, mais j’ai mieux, regarde ! » Il a fait entrer l’âne, a installé la petite serviette et a dit : « Ase Ou Kakalouwissdor ». Ah, il a fait caca oui ! Mais pas des louis d’or…
Furibonde, P’tite Bounfemme a renvoyé son mari dehors trouver à boire et à manger.
Il était brave P’tit Bounoum, il est reparti sur le chemin. Il est passé sans s’arrêter devant l’auberge, il n’avait pas de sous pour payer. Il a retrouvé son chêne et il a grimpé pendant 7 jours et 7 nuits. Quand il était fatigué, il s’asseyait sur une branche et suçait son poing pour manger. Quand il est arrivé au Paradis, Saint Pierre grogne « : » Qu’est-ce que tu fous là encore P’tit Bounoum, t’es pas mort ! »
« Non, mais ton âne, c’est pire que la serviette, il n’a marché qu’une fois ».
« Oh P’tit Bounoum, t’es bien brave mais t’es bien bête. Ecoute, je vais te faire un dernier cadeau, et cette fois, ce ne sera pas un secret. » Et Saint Pierre sort de sous ses jupes un bâton qu’il tend à P’tit Bounoum.
« C’est un bâton qui n’obéira qu’à toi. Quand tu voudras qu’il fonctionne tu diras Bâton Fais Ton Ouvrage, et quand tu voudras qu’il s’arrête tu diras Bâton Cesse Ton Ouvrage. »
P’tit Bounoum est redescendu en flèche de l’arbre et a filé à l’auberge. L’aubergiste lui demande « Qu’est-ce que tu fais là P’tit Bounoum, t’as des sous pour payer ? »
« Non, mais j’ai un bâton… Bâton Fais Ton Ouvrage » Et le bâton se mit à rouer de coups l’aubergiste. « Tu n’as pas quelque chose à moi par hasard ? » : interroge P’tit Bounoum.
« Aïe, aïe, si, pardon, tiens ! « et l’aubergiste tend la serviette à P’tit Bounoum
« C’est tout ? »
« Aïe aïe, arrête ton bâton, je vais chercher l’âne, aïe »
P’tit Bounoum récupère sa serviette et son âne, et prend le chemin de sa maison. L’aubergiste, lui, fonce dans sa réserve où il avait entassé la nourriture donnée par la serviette dans de grandes jarres. En y plongeant la main… il n’en a ressorti que du caca d’âne. Et les louis d’or récupérés de l’âne, qu’il avait rangé dans un petit coffre, n’étaient plus que des feuilles de chêne mortes.
Arrivé chez lui, P’tit Bounoum entend sa femme, fâchée : « J’espère que tu as à boire et à manger cette fois ? »
« Oh, j’ai mieux ! … Nappe Couvre-toi… Ase Ou Kakalouwissdor… »
Et depuis ce jour, ils vécurent heureux, tranquille, à l’abri du besoin. Et il paraît que P’tit Bounfemme s’est considérablement radoucie. Il faut dire que depuis ce jour également, un drôle de bâton trône au-dessus de la cheminée…

Par Louis Espinassous :



Après avoir réalisé un sifflet avec une feuille de lierre (voir « petites manipulations » ci-dessous)

Moitié de Poulet

C’était une moitié de poulet, il s’appelait Mijecoq et avait juste deux plumes sur le derrière. Il était toujours à gratter sur son tas de fumier jusqu’à ce qu’un jour, il trouve un gros écu d’or. Il l’a bien frotté sur les plumes de son derrière, et du haut de son tas de fumier il s’écrie : « cocorico cocorico, j’ai trouvé un écu d’or ! » Le roi, qui passait par là, lui demande : « qu’est-ce que tu racontes Mijecoq? » « Cocorico cocorico, j’ai trouvé un écu d’or. » « C’est vrai, fais voir ? », puis tout en retournant l’écu dans ses doigts, « mais dis donc Mijecoq, un écu en or comme ça, c’est fait pour les riches, pas pour les Moitié de Poulet comme toi. » Et il met l’écu dans sa poche et s’en va, laissant Mijecoq pantois.
Furieux, celui-ci grimpe sur son tas de fumier et s’écrie : « cocorico cocorico, le roi m’a volé mon écu d’or, je vais faire la guerre au roi ! » Et le voilà parti.
En chemin il croise le renard qui lui demande : « où tu vas Moitié de Poulet ? ». Il répond : « cocorico cocorico, le roi m’a volé mon écu d’or, je vais faire la guerre au roi ! Tu viens avec moi, Renard ? » « Oui, pourquoi pas. » « Alors Renard, saute dans mon derrière ! »
Un peu plus loin sur sa route, il rencontre le loup. « Où vas-tu Mijecoq, où vas-tu Moitié de Poulet ? ».
« Cocorico cocorico, le roi m’a volé mon écu d’or, je vais faire la guerre au roi ! Tu veux venir avec moi Loup ? » « Volontiers ! » « Alors Loup, saute dans mon derrière ! »
Il continue son chemin et voit l’ours. « Ben, où vas-tu Moitié de Poulet ? » « Cocorico cocorico, le roi m’a volé mon écu d’or, je vais faire la guerre au roi ! Si tu veux, tu peux venir avec ? » « Ah oui, je viens ! » « Alors Ours, saute dans mon derrière ! »
Plus loin, il passe le pont au-dessus de la rivière : « Oùglouglou vas-tu Moitié de Pouglouglet ? » « Cocorico cocorico, le roi m’a volé mon écu d’or, je vais faire la guerre au roi ! Si tu veux venir avec Rivière … » « D’accord, je t’accompagne. » « Alors Rivière, saute dans mon derrière. »
Sa route l’emmène croiser la reine des abeilles : « où vas-tu Mijecoq, tu as l’air bien décidé ? » « Cocorico cocorico, le roi m’a volé mon écu d’or, je vais faire la guerre au roi ! Tu es bienvenue, ainsi que toutes tes ouvrières. » « Allez, les filles, on y va ! » « Alors, venez toutes dans mon derrière. »
Ils arrivent au château du roi, fermé et bien défendu.
Moitié de Poulet crie alors : « cocorico cocorico, le roi m’a volé mon écu d’or, je viens faire la guerre au roi ! ». Les soldats vont rapporter ses paroles au roi qui leur dit d’ouvrir le pont-levis et de mettre Moitié de Poulet avec les poules. « Elles vont le piquer de leur bec, lui arracher ses deux bêtes plumes et on n’entendra plus parler de lui ». Aussitôt dit, aussitôt fait, les soldats annoncent à Mijecoq que le roi va le recevoir et le font entrer dans le poulailler. Aussitôt, celles-ci l’attaquent à coup de bec. Et Mijecoq de s’écrier : « cocorico cocorico, Renard, sors de mon cul ou on est foutu ! » En revenant au poulailler, les soldats découvrent les cadavres des poules, avec juché sur la plus grosse… Moitié de Poulet !
« Cocorico cocorico, le roi m’a volé mon écu d’or, je viens faire la guerre au roi ! » Affolés, les soldats annoncent au roi que Moitié de Poulet a tué toutes les poules et réclame son écu d’or. Celui-ci dit : « mettez-le dans la bergerie, les brebis et les béliers en feront de la chair à pâté. » Les soldats emmènent Moitié de Poulet dans la bergerie, où les moutons se précipitent sur lui. « Cocorico cocorico, Loup, sors de mon cul où on est foutu ! ». A leur retour, les soldats du roi découvrent les brebis et béliers égorgés et Moitié de Poulet fièrement juché sur le plus gros.
« Cocorico cocorico, le roi m’a volé mon écu d’or, je viens faire la guerre au roi ! » « Mettez-le avec les vaches, elles l’écraseront sous leurs sabots et on en sera débarrassé ». Les soldats s’exécutent, et alors que les vaches foncent sur lui, Mijecoq s’écrie : « cocorico cocorico, Ours, sors de mon cul où on est foutu ! » Les soldats retrouvent Moitié de Poulet, perché sur une vache au milieu du troupeau décimé. « Roi, il a tué aussi toutes vos vaches. »
Le roi, furieux, décide de l’envoyer aux cuisines où le four à pain est allumé : « jetez-le dans le four et qu’il aille brûler en enfer ! » Sentant les flammes lui roussir les deux plumes, il s’écrire : « cocorico cocorico, Rivière, sors de mon cul où on est foutu ! » Un torrent d’eau éteint le brasier et Mijecoq sort indemne du four.
Le roi réunit les soldats, entièrement armés, et se présente face à Moitié de Poulet. « Cocorico cocorico, Roi, tu m’as volé mon écu d’or, je viens te faire la guerre. Abeilles, sortez de mon cul où est foutu ! ». Et tout l’essaim en furie, se jette sur les soldats qui s’éparpillent, affolés. Reste le roi, face à Mijecoq. « Tu n’as pas un écu d’or à moi ? » « Arrête tes abeilles », et le roi sort l’écu de sa poche et le rend à Moitié de Poulet. Celui-ci a mis l’écu dans son derrière, et a salué ses amis :
« Abeilles, sortez de mon derrière, au revoir et merci !
Rivière, sors de mon derrière, au revoir et merci
Ours, sors de mon derrière, au revoir et merci
Loup, sors de mon derrière, au revoir et merci
Renard, sors de mon derrière, au revoir et merci »
Revenu à son tas de fumier, il a coincé le bel écu sur son dos, a bien redressé ses deux plumes pour le caler, et c’est depuis ce jour que les coqs ont le dos plat et les plumes de la queue fièrement dressées.

Par Louis Espinassous :


Avant de réaliser un attrape-rêve à partir d’une branche souple (voir « petites manipulations » ci-après).

Anancy l’araignée et les papooses

Anancy était une araignée protectrice des Papooses. Quand un bébé indien naissait, elle venait tisser sa toile au-dessus des berceaux. Certains disent que cette toile empêchait les mauvais rêves d’arriver au bébé, d’autres qu’elle gardait les jolis rêves à l’intérieur du couffin. Toujours est-il que, les enfants étant de plus en plus heureux grâce à l’absence de mauvais rêves, ils faisaient de plus en plus de bébés une fois devenus grands. Mais ça donnait un travail fou à Anancy, et elle était débordée. Elle a alors décidé d’apprendre aux humains à réaliser des attrapes -rêves. Et voici comment faire … (à vous de jouer).

Par Louis Espinassous :



En passant près de conifères. Vous pourrez, après l’histoire, aller regarder l’âge des aiguilles des branches basses.

Le monstre zibeline et les P’tits-Bouts-d’Hommes

Il était chasseur de zibelines, entre la taïga et la toundra. Après toute une journée à chercher, sans succès, il était arrivé jusqu’à un marécage suivi d’une lande et plus loin des petites fumées. Il traverse le marécage, la lande et arrive au village qui s’avère être fait de maisons minuscules. Il s’assied et attend jusqu’à ce que sortent des maisons des petits hommes minuscules. « Mais vous êtes qui, vous, le géant ? » « Et vous, vous êtes qui, les minuscules hommes ? » « Ben nous, nous sommes les P’tits-Bouts-d’Hommes. Nous vivons ici, nous sommes heureux, parce que nous avons un élixir de longue vie. Mais il y a quand même quelque chose qui nous tracasse en ce moment. Il y a un monstre ! » Comme le chasseur leur demandait de décrire le Monstre, il se rend compte qu’il s’agit d’une zibeline. Il trouve sa piste, la suit, débusque l’animal et le tire. Il ramène la dépouille au village des P’tits-Bouts-d’Hommes qui se réjouissent de la disparition du monstre. « Il a tué le Monstre Zibeline, nous n’avons plus à avoir peur ! Tu nous as délivré de notre pire ennemi. Nous allons venir chez toi demain et t’amener un cadeau ». Le chasseur est rentré chez lui, a annoncé la nouvelle et a préparé une fête pour la venue des P’tits-Bouts-d’Hommes. Ceux-ci sont arrivés à cheval sur des lièvres blancs. Cela leur donnait une drôle d’allure, ce qui fait que tous les hommes au bord du chemin riaient à gorge déployée quand les P’tits-Bouts-d’Hommes sont entrés dans le village. Vexés, ces derniers se sont arrêtés, ont fait demi-tour et ont dit qu’ils ne donneraient jamais leur cadeau au chasseur. Ils ont lancé leur cadeau en l’air. C’était une petite fiole qui contenait de l’élixir de longue vie. La bouteille s’est ouverte en retombant sur les sapins qui bordaient la route. Depuis ce temps, les résineux restent verts et leurs aiguilles vivent plusieurs années sur les branches avant de tomber.

Par Louis Espinassous :



Après s’être tous perchés dans un arbre.

Jeanne et Jean

Jean, il n’était pas méchant, mais il était plutôt bête. Un jour Jeanne, excédée, lui crie « Jean, tu m’énerves, prends la porte et va-t-en ! ». Jean, il n’était pas méchant, et il était brave. Alors il a pris la porte et il est parti avec. Et Jeanne est restée seule, sans Jean et sans porte. Comme elle ne savait pas quoi faire, elle est sortie et a couru le rejoindre. Le soir tombait et voilà que nos deux amis entendent les loups hurler à l’orée du bois. « Oh là là, on ne va pas se laisser attraper par les loups. » Ils avisent un gros arbre et grimpent à son tronc (Jean, toujours la porte sur le dos), s’installer sur une des grosses branches. De là-haut, ils aperçoivent sur le chemin une procession de petites lumières. C’était des voleurs revenus de leur rapine. Le chef en tête avec les sacs contenant le trésor, ses sbires derrière et à la queue le cuisinier avec une énorme casserole sur le dos. Malheureusement pour Jeanne et Jean, la bande choisit de passer la nuit juste sous l’arbre où ils étaient montés. « Chut, Jean, plus un mot. » Le cuisinier allume un feu, y pose la marmite et tourne en se lamentant : « Diable, Diable, y a pas beaucoup de soupe. Diable, Diable, y a pas beaucoup de bouillon… » Jean gémit : « Jeanne, j’ai envie de pisser. »
« Chut, retiens-toi et tais-toi ! »
« Diable, Diable, y a pas beaucoup de soupe. Diable, Diable, y a pas beaucoup de bouillon… »
« Jeanne ! J’ai envie de pisser »
« Retiens-toi, retiens-toi »
« Jeanne, je peux pas, je peux pas ! » Et le voilà qui se soulage... dans la marmite.
« Diable, Diable, Il nous a entendu, Il a rajouté du bouillon. Diable, Diable, mais ça manque de sauce, ça manque de gras… »
« Jeanne, j’ai envie de chier. »
« Chut, retiens-toi et tais-toi ! »
« Diable, Diable, on a du bouillon mais ça manque de sauce. Diable, Diable, ça manque de gras … »
« Jeanne ! J’ai envie de chier »
« Retiens-toi, retiens-toi »
« Jeanne, je peux pas, je peux pas ! » Et le voilà qui se soulage... dans la marmite.
« Diable, Diable, Il nous a entendu, Il a rajouté du gras ! »
« Jeanne, j’ai envie de péter. »
« Chut, retiens-toi et tais-toi ! »
« Diable, Diable, Merci à toi ! »
« Jeanne, je peux pas me retenir ». Et il lâche un pet qui fait sauter la porte en l’air, qui retombe sur le cuisinier et la marmite. De frayeur, croyant à une attaque du Diable, tous les voleurs se dispersent.
Jeanne et Jean sont descendus de l’arbre. Ils ont récupéré la porte et le trésor abandonné. Ils sont revenus chez eux, ont remis la porte en place et grâce au trésor, ont vécu heureux jusqu’à la fin de leurs jours.

Par Louis Espinassous :



Petites manipulations des bords de chemin


Sauf mention contraire, les photos de cette section sont issues du site pixabay.com (licence creative commons) ou ont été prises par un membre du collectif Tous Dehors.

Une plante, un caillou, un paysage au bord du chemin et tout-à-coup la magie opère…

Avec l'iris

image 01_irispseudacorusyellow3416003_1920_1.jpg (0.8MB)
Oh un plan d’Iris ! On réalise une petite embarcation à la mode asiatique.
Prenez une longue feuille d’iris et coupez les extrémités de sorte à avoir un long rectangle relativement régulier. Pliez la feuille en trois, en rabattant chaque extrémité l’une sur l’autre. Au niveau du pli, séparez une bande de chaque côté (sur la longueur) sur quelques centimètres. Glissez une de ces bandelettes dans le pli de l’autre. Faites pareil à l’autre extrémité. Votre embarcation est prête à flotter.

image 02_DSCF1794.jpg (3.7MB)
image 03_IMG_7395.jpg (3.5MB)

Retrouvez la marche à suivre illustrée sur ce site (ainsi que d’autres idées de réalisations en feuilles d’iris).

Avec l'érable

image 04_girl2607176_1920_1.jpg (0.6MB)
Un érable vous tend une feuille large et colorée, parfaite pour faire un panier.
La feuille d’érable est dite palmée (elle fait penser à une main), avec 5 doigts. Les deux « doigts » proches du pétiole sont petits, les trois autres plus conséquents. En gardant la feuille dans le même plan, ramener les « doigts » 2 et 4 sur le « doigt » 3. Du bout de l’ongle, inciser une petite entaille à travers les trois couches ainsi formées et y glisser l’extrémité du pétiole. Ce dernier servira d’anse, la feuille forme le panier. Il ne reste plus qu’à le remplir.

image 05_IMG_7420.jpg (2.6MB)
image 06_IMG_7475.jpg (4.5MB)

Avec le houx

image 07_trees3612312_1920.jpg (0.8MB)
Ouille, du houx ! Et tourne petit moulin !
En tenant une feuille de houx entre le pouce et l’index, soufflez doucement et faites tourner votre moulin.

image 08_DSCF3979.jpg (3.8MB)

Avec le jonc

image 09_bulrush87097_1920.jpg (1.2MB)
Du jonc ? C’est une aubaine pour fabriquer une chaise pour les lutins.
A réaliser seul ou par deux (génial, on coopère !), il suffit de 7 ou 8 grands brins de joncs pour réaliser cette œuvre.
image 10_chaise_jonc_redim.png (2.0MB)

C’est un jeu d’enfant, d’ailleurs c’est une jeune fille qui vous explique une version légèrement plus simple sur cette vidéo.

Ajoutez deux brins en travers du siège et vous avez un catamaran insubmersible !
image 11_jonc3.jpg (3.7MB)

Avec le cornouiller

image 12_dogwood1247800_1920.jpg (0.5MB)
Déchirez délicatement une feuille de cornouiller dans le sens de la largeur. La sève contenue dans les nervures est un peu épaisse et fait des filaments. Si on est suffisamment délicats pour ne pas briser ces filaments, on peut obtenir une feuille divisée en deux mais dont les morceaux tiennent entre eux grâce à la sève.
Comment le reconnaître ? Cet arbuste est timide. En effet, ses nervures n’osent jamais sortir de la feuille et se courbent pour en suivre le bord quand elles en approchent.

Avec l'églantier

image 13_rosebush1486225_1920.jpg (0.3MB)
Jolie couleur des cynorhodons, pour une souris verte au printemps, ou un petit cochon en automne.
Le fruit de l’églantier se prête facilement à la réalisation d’une sculpture originale. Commencez par le cueillir (avec un morceau de tige au printemps pour faire la queue de la souris), ainsi que 4 épines de taille identique. Plantez les épines pour représenter les pattes de votre animal. A l’aide d’un couteau, entaillez la peau du fruit et soulevez-la de part et d’autre de la « mouche » (qui représente le nez), pour former les oreilles. Et le tour est joué !
image 14_petit_cochon.jpg (53.5kB)
« Un petit cochon pendu au plafond… » ou « une souris verte, qui courait dans l’herbe… »


Des feuilles larges et plates ? Essayez le coup du pétard !
Photo 15
Formez un « tube » avec votre main, en plaçant l’index et le pouce en cercle. Posez une grande feuille sur ce cercle, en le couvrant bien. Du plat de l’autre main, frappez sèchement sur la feuille pour la faire éclater et obtenir le PAN caractéristique du pétard. Entraînez-vous, ce n’est pas si simple que ça en a l’air.
Vidéo « 16 petard avec feuille »

Une feuille de lierre et une branchette de chêne vous donneront un sifflet. Parfait pour raconter l’histoire de Moitié de Poulet (voir plus haut, la vidéo de Louis).
Photo 17
Il paraîtrait qu’à l’époque celtique, on dansait des bals entiers sifflés avec une feuille de lierre en bouche.
Fendez la branchette sur la longueur à l’aide d’un couteau, de sorte à ce qu’elle ait la taille de votre feuille de lierre. Pliez la feuille le long de la nervure centrale et insérez-la dans la fente de la branchette. Coupez tout ce qui dépasse. Soufflez dessus pour le faire chanter (allez voir la vidéo de Louis racontant « Moitié de Poulet » pour vous inspirer).
La méthode de fabrication est illustrée sur ce lien :
http://www.reveeveille.net/musiqueverte/le-pipoir/


Vous avez une montre à aiguille et une belle journée ensoleillée ? Cherchez le Sud !
Réglez votre montre à l’heure solaire (deux heures de moins en été, une heure de moins en hiver). Orientez la petite aiguille vers le soleil. Imaginez cette ligne « centre de la montre-soleil » ainsi que celle « centre de la montre, chiffre 12 ». Ces deux lignes forment un angle. La bissectrice de cet angle vous indique la direction du Sud.
Photo 18
Source image : latoilescoute.net
Louis nous a également appris une autre technique, qu’il nous explique sur cette vidéo :
Vidéo « 19 trouver le sud »

Un arbuste vous invite à récolter quelques branches souples et droites. Vous pourrez ainsi faire de la vannerie sauvage et réaliser un bracelet, une couronne, une guirlande, une boule de Noël, un attrape-rêve ou improviser une part de Jeu des Grâces.
Il suffit simplement de réaliser un anneau à partir de la branche souple que vous avez récoltée. L’anneau est petit ? C’est un bracelet ! Il est grand ? Il devient une couronne à décorer de feuilles et de fleurs. Vannez vos anneaux les uns à la suite des autres et créez une guirlande ou insérez-les les uns dans les autres pour une jolie boule décorative.
Pour réaliser un attrape-rêve, formez un anneau avec la branche souple puis traversez-le avec des branchettes fines, ou de longues herbes ou encore avec des éclisses de ronces.
Photo ? Encore à faire…
Pour le Jeu des Grâces, chaque participant trouve deux bâtons bien droits et de même longueur, pas plus long qu’un avant-bras. Créez un anneau avec une branche souple, glissez-le sur vos deux bâtons et projetez-le en écartant ceux-ci à deux mains. Le joueur en face essaye de rattraper l’anneau sur un de ses bâtons. Ce n’est pas si simple que ça y paraît !
Photo 21 Le Jeu des Grâces – George Barbier (1921)
Source image : Wikipédia


Photo 22
Quelle est l’année de naissance de cette aiguille ?
Les résineux conservent leurs aiguilles plusieurs années. En observant une branche, cherchez avec les enfants quelles aiguilles sont nées la même année qu’eux.
Dessin 23


Une plante à tanin ? C’est l’occasion d’un dessin !
Photos 24 à 27
Les plantes contiennent toutes plus ou moins de tanin. Celui-ci réagit avec le sulfate de fer pour devenir visible et former une encre. Les feuilles et fruits du chêne ou du hêtre, les fougères, les ronces, … en sont riches alors que lierre n’en contient pas. Comment savoir ? Le plus simple est de tester. Soit en dessinant avec un morceau écrasé de la plante sur une feuille blanche, soit avec un tissu blanc sous lequel on place la feuille et que l’on martèle pour faire sortir le « jus » et en imprégner le tissu. Diluez un peu de sulfate de fer dans de l’eau et, à l’aide d’un pinceau, repassez votre dessin pour le faire apparaître. Le tissu peut également être imbibé de sulfate dilué dans l’eau puis séché avant d’y faire l’impression.
Je pense avoir une photo qq part d’un tissu réalisé ainsi, mais je ne la retrouve pas. Je l’envoie quand je la trouve.


Un buisson d’orties au détour du chemin, et une corde végétale à la fin de la promenade.
Photo 28
Avec une tige coriace d’ortie, il est possible d’obtenir des fibres solides à torsader ensuite en corde. Les deux vidéos ci-dessous vous expliquent comment faire.
Vidéo 29 « faire une corde »
Et ce lien youtube https://www.youtube.com/watch?v=RzoV3dLnQUU
Ces cordes peuvent également être faites à partir de tilleul, de ronce, …