Frelon asiatique : reconnaître un nid, évaluer le danger et savoir qui appeler

Type de document Un doc de référence
Description

Le frelon asiatique s'est installé durablement en France et en Belgique. Sa présence inquiète, souvent à juste titre, mais la réaction adaptée dépend entièrement de deux éléments : l'espèce réellement concernée et l'emplacement du nid. Les confondre conduit soit à s'alarmer inutilement, soit à prendre un risque sérieux.

frelon

Distinguer les espèces

Le frelon asiatique présente un thorax entièrement noir, un abdomen sombre bordé d'un anneau orangé et, détail le plus fiable, des pattes jaunes à leur extrémité. Il mesure autour de trois centimètres.

Le frelon européen, plus grand, affiche des tons brun-roux et jaunes, avec des pattes brunes. C'est une espèce utile, peu agressive loin de son nid, qu'il n'y a aucune raison de détruire.

La guêpe commune, nettement plus petite, est jaune vif rayée de noir. Ses nids sont fréquents sous les toitures et dans les coffres de volets.

Cette distinction n'est pas un détail : elle détermine s'il y a lieu d'intervenir ou non.

Reconnaître un nid de frelon asiatique

Le nid est sphérique ou en forme de poire, constitué de fibres de bois mâchées à l'aspect de papier gris beige. Son ouverture est latérale, contrairement au nid de frelon européen dont l'ouverture est plutôt basse.

Deux emplacements dominent. Le nid primaire, au printemps, est de petite taille et se trouve souvent sous un abri : appentis, cabanon, encadrement de fenêtre, coffre de volet. Le nid secondaire, en été, est bien plus volumineux et se situe généralement en hauteur dans un arbre, parfois à plus de dix mètres.

Un point important : un nid découvert en hiver est presque toujours vide. Les colonies ne réutilisent pas le nid de l'année précédente, il n'y a donc rien à traiter.

Évaluer le danger réel

À distance de son nid, le frelon asiatique est peu agressif : il chasse et ne s'intéresse pas aux passants. La zone de défense se situe autour de cinq mètres du nid, et la réaction devient alors collective et rapide.

Le risque est donc directement lié à la proximité du nid par rapport aux zones de passage. Un nid en haut d'un arbre isolé au fond d'un terrain ne présente pas le même danger qu'un nid dans une haie que l'on taille ou sous un auvent d'entrée.

Le danger devient sérieux dans trois cas : nid à hauteur d'homme près d'un passage, proximité d'une aire de jeux ou d'un lieu de travail extérieur, et présence d'une personne allergique aux piqûres d'hyménoptères.

Ce qu'il ne faut jamais faire

Ne détruisez jamais un nid vous-même. Ni à l'eau, ni au feu, ni avec un insecticide du commerce. Une destruction incomplète disperse une colonie entière en état de défense, et les accidents graves surviennent presque tous dans cette situation.

Ne bouchez pas non plus l'entrée d'un nid situé dans une cavité : les insectes cherchent une autre issue, parfois vers l'intérieur du bâtiment.

Enfin, évitez de tondre, tailler ou souffler des feuilles à proximité immédiate d'un nid repéré. Les vibrations déclenchent la défense collective.

La bonne procédure

Repérez le nid à distance et notez sa hauteur, son emplacement et son accessibilité. Photographiez-le au zoom, sans vous approcher. Signalez-le ensuite à la mairie, plusieurs communes ayant mis en place un dispositif de signalement et parfois une prise en charge partielle des frais.

Faites intervenir un professionnel équipé. Une intervention sérieuse suppose une combinaison adaptée, un matériel de traitement en hauteur, et de préférence une intervention tôt le matin ou en soirée, lorsque la colonie est rassemblée. Une entreprise spécialisée dans la destruction de nids de frelons asiatiques dispose de ce matériel et retire généralement le nid après traitement.

Un dernier conseil pour la saison suivante : les nids primaires du printemps sont bien plus faciles et moins coûteux à traiter que les nids secondaires de l'été. Une inspection des abris de jardin, appentis et coffres de volets en avril évite souvent une intervention lourde en septembre.